lundi 18 avril 2011

Cannes I Kick It ?


La sélection officielle de la 64ème édition du festival de Cannes ayant été révélée il y a quelques jours, J'irai verser du Nuoc-Mam sur tes tripes peut désormais vous présenter en toute impunité ses 5 favoris parmi les 19 longs métrages en lice pour la prestigieuse Palme d'Or.

  • Just Like Paradise City  Un biopic émouvant sur la tentative désespérée de Robert Smith de rejoindre Guns N'Roses après le départ d'Izzy Stradlin en 1991. Sean Penn y incarne un Smith bouleversant, tantôt lunaire, tantôt chagrin, parfois cocasse (la scène où il apprend les accords de "It's So Easy" avec Wayne Hussey, hilarante), mais toujours juste et touchant, dont les yeux d'enfant dévasté accompagneront le spectateur longtemps après le déchirant générique de fin, porté par une sublime version acoustique de "To Wish Impossible Things" signée Bruce Springsteen.

  • Ta Race, Daniel Auteuil  Sans doute un des films les plus radicaux jamais présentés à Cannes, Ta Race, Daniel Auteuil est composé d'un unique plan-séquence de 2h23 durant lequel Vincent Lindon déverse au micro d'un dictaphone un torrent d'injures à l'encontre de Daniel Auteuil, qu'il accuse notamment d'avoir fait main basse sur les rôles de quadragénaires en imperméable polyester traversant une crise existentielle majeure, créneau dans lequel Vincent Lindon s'était imposé depuis de nombreuses années comme son concurrent direct. Moment de vérité crue ou dérapage impudique ? Nul ne le sait vraiment. Ce dont on est certain en revanche, c'est qu'il est impossible de rester indifférent face à ce film-OVNI qui devrait en toute logique secouer la Croisette.

  • Les Grillons Rouges Du Mozambique  Déchirée entre sa volonté d'avoir un enfant et son profond désir de monter un cirque équestre, Marie-Prune traverse la vie comme une ballerine infirme emportée par la valse des saisons, corps-outil entre les mains de son amant éthiopien qui refuse obstinément d'apprendre le français, corps-pensée en devenir lorsqu'elle sombre dans l'univers fantasmagorique et solitaire qu'elle s'est crée, peuplé de nains endeuillés et de garçonnes éthérées. Mais ces êtres mutants, déshumanisés, sans cri ni douleur, sont-ils seulement un substitut au mutisme de son compagnon ou l'image distordue de sa propre identité ? Un conte social féroce et dérangeant.

  • L'Altro Inferno 2 : Commando Vatican Après 28 mois d'errance dans les couloirs du temps, le facétieux Manitas (interprété par Nanni Moretti, choix certes incongru, mais pas totalement dénué de sens) retrouve le chemin de Mar Del Plata, où il convoque les anciens membres du Commando Vatican, dissous depuis maintenant 19 ans, à qui il demande de se reformer pour une ultime mission suicide. Son but : sauver son éternel rival Eusebio Ortiz, toujours retenu prisonnier de Marie France Donjon dans la crypte de l'abbaye Diego Rodriguez Lucero. Viril, généreux, franc du collier, L'Altro Inferno 2 : Commando Vatican reprend le cocktail richement dosé de politique, d'ultra-violence et de séduction qui a fait le succès du premier volet et y ajoute une sévère dose d'action et de pornographie pure. Imparable.

  • L'Incroyable Mr. Barbapouille  Depuis le décès de son père, la petite Madeline a cessé de parler et ne quitte plus son lit, où elle passe des semaines entières à dormir. Médecins et psychologues de renom ont défilé à son chevet mais aucun n'a su effacer l'insondable chagrin de la jeune fille. Désespérée, sa mère reçoit un jour la visite d'Assédic Barbapouille, un surprenant monsieur de 79 ans débordant d'énergie qui va faire sortir Madeline de son mutisme et l'initier au techniques de combat ancestrales des ninjas de Gif-sur-Yvette. Une formidable leçon de courage et d'espérance.

6 commentaires:

  1. L'Incroyable Mr. Barbapouille part favori. Participer au réenchantement de la fiction en réhabilitant les arts martiaux de banlieue, le programme est alléchant.

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  2. On attends toujours la suite des aventures du facétieux Manitas...

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  3. Vivement Ta race, Daniel Auteuil au Max Linder. Vincent Lindon pourra se venger en déversant ses affreux tics sur un écran géant devant un public médusé.

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  4. le premier est tellement bien écrit que j'y ai cru pendant près de six secondes et trois dixièmes, pendant lesquels j'ai traversé à la fois la curiosité, le frisson, l'horreur et l'indignation totale ; merci pour ce moment unique

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  5. identique que le commentaire ci dessus...

    "les grillons rouges..." pourrait bien être adapté pour de vrai et finir en compétition à Cannes : le scénario aussi improbable que génial séduirait tout le jury assez facilement...

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  6. je lis en me disant: y'en a 2/3 qui me tentent bien... et puis je realise... finalement non!

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